Fausse annonce de la passion ?
- ProEcclesia bloger
- 25 déc. 2023
- 13 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 nov. 2025

Dans les synoptiques, le Christ fait trois annonces claires de sa mort et de sa résurrection (Matthieu 16.21 ; 17.22–23 ; 20.18–19), (Marc 8.31–33 ; 9.30–32 ; 10.32–34), (Luc 9.22 ; 9.43–44 ; 18.31–34). On peut aussi ajouter, entre autres, l’institution de l’eucharistie comme annonce de la mort de Jésus (Matthieu 26.21–32 ; Marc 14.18–28 ; Luc 22.15–20).
Ces annonces sont considérées comme problématiques dans le dialogue interreligieux car, si le Christ a réellement annoncé sa mort et sa résurrection, comment les apôtres ont-ils pu douter et avoir du mal à comprendre que le Christ devait mourir et revenir à la vie ? Et pourquoi se sont-ils enfuis pendant son procès alors que Jésus les avait prévenus ? Certains spécialistes ont mis en avant ce « problème ». Par exemple, Geza Vermès dit au sujet du comportement des apôtres et des annonces de la passion qu’il s’agit de « deux ensembles d’évidences qui se contredisent, sans possibilité de réconciliation » [1].
Toutefois, d’autres spécialistes ne rejettent pas les récits de l’annonce de la passion. Sur ce sujet, je rejoins Dale Allison, qui a fait un commentaire très intéressant :
Les gens ne sont pas toujours à la hauteur de leurs idéaux et de leurs attentes envers eux-mêmes. Ils peuvent décider de faire une chose, puis d'en faire une autre. Il s'agit en effet d'une triste réalité bien trop courante, comme l'a observé Paul : « Je ne fais pas le bien que je veux » (Rom 7.19). Pierre et ses collègues étaient-ils au-dessus de cette généralisation ? Même les soldats armés pour le combat se retournent parfois et s’enfuient. Le fait que Pierre ait nié connaître Jésus (Mc 14.66-72) ne signifie pas qu’il ne le connaissait pas, et que les disciples ont hésité face à l’hostilité armée n’implique guère que Jésus ne les ait jamais avertis de s’attendre à de graves problèmes. La vie en dehors des textes est rarement noire ou blanche, et notre ignorance de ce que pensaient et ressentaient les disciples de Jésus au moment précis où leur chef a été arrêté est proche de l’océan. Peut-être que si les circonstances avaient été légèrement différentes, ils ne se seraient pas enfuis. Si, par exemple, quelques-uns d’entre eux avaient clamé haut et fort leur courage et tenu bon, peut-être que les autres auraient suivi. Ou peut-être que l'arrestation au milieu de la nuit a vraiment déconcerté les esprits somnolents, et si la situation avait été différente, au point qu'ils avaient pu se préparer pleinement à l'avance, ils n'auraient pas couru. Comment pourrions-nous jamais le savoir ? Peut-être que l'un d'eux a dégainé une épée et a frappé quelqu'un avec (Mc 14, 48), mais ensuite, face aux « épées et aux massues » (Mc 14, 43, 48), il a perdu son sang-froid et s'est enfui, après quoi les compagnons faisaient de même. La peur peut être contagieuse [2].
D'autres éléments peuvent être apportés pour soutenir la véracité des annonces de la Passion de Jésus, notamment en utilisant les critères d'authenticité, comme le fait Mike Licona, dont je vais présenter la méthode et les arguments en faveur de l'historicité des annonces de la Passion [3].
Pour analyser les annonces de la Passion, Licona utilise plusieurs critères d’authenticité, notamment le critère de l’embarras, le critère de l’attestation multiple, le critère de la dissimilarité et le critère de la plausibilité.
L’embarras. Ce critère considère comme authentique un élément des traditions sur Jésus s’il constitue une source d’embarras ou d’inconfort pour les premiers chrétiens, car ceux-ci n’auraient probablement pas inventé un récit qui les met dans une position défavorable.
Attestation multiple. Ce critère reconnaît l’authenticité d’un élément lorsqu’il est attesté de manière indépendante dans plusieurs sources primitives.
Dissimilarité. Ce critère juge un élément authentique s’il est distinct à la fois des attentes et traditions juives du Ier siècle et des croyances chrétiennes postérieures, puisqu’il ne pourrait provenir ni du judaïsme ambiant ni d’une invention de l’Église.
Plausibilité. Ce critère évalue l’authenticité d’un élément en vérifiant s’il est historiquement vraisemblable et cohérent avec le contexte juif du Ier siècle, ainsi qu’avec le portrait général reconstruit de la vie et des actions de Jésus.
Argument :
Dans le contexte de la première annonce chez Matthieu, nous avons deux réprimandes : celle de saint Pierre envers Jésus et celle de Jésus envers saint Pierre. Il est peu probable qu’il s’agisse d’une invention. De plus, les disciples sont représentés dans les annonces de la Passion de Jésus comme ne comprenant pas ses paroles ou ne le croyant simplement pas (Mc 8.31-33 ; 9.31-32 ; 14.27-31 ; Lc 24.11.21). Ces éléments relèvent du critère de l’embarras et sont peu susceptibles d’être une invention de l’Église.
Les récits contiennent aussi plusieurs sémitismes possibles. En Matthieu 16.13-23, les expressions « Μακάριος εἶ, Σίμων Βαριωνᾶ » (tu es heureux, Simon Bar-Jona), « σὰρξ καὶ αἷμα » (la chair et le sang) et « οὐ κατισχύσουσιν αὐτῆς... δώσω σοι τὰς κλεῖδας τῆς βασιλείας τῶν οὐρανῶν » (ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux) sont des sémitismes provenant probablement d’une source pré-matthéenne avec de fortes racines judéo-chrétiennes. En Marc 9.31, l’expression « le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes » est considérée comme la traduction d’un jeu de mots araméen. Commentant ce passage, James Dunn écrit :
« On notera tout particulièrement le jeu de mots caractéristique entre “le Fils de l’homme” et “les hommes”, ce qui suppose une formulation originelle en hébreu ou en araméen ; le “passif divin”, c’est-à-dire une tournure passive employée pour désigner l’action de Dieu sans le nommer directement ; et le fait que l’expression “livré entre les mains de” est une construction sémitique. La forme du verbe exprime une préscience d’un destin imminent, d’un sort qui va s’accomplir (avec ou sans le mot mellei, “sur le point de”). Autrement dit, il s’agit ici d’un masal araméen - une formule proverbiale concise - exprimant de manière simple la perspective de l’arrestation de Jésus : “L’homme va être livré aux hommes.” [4] »
Armand Puig i Tàrrech affirme sur ce verset qu’il s’agit très probablement du « noyau le plus ancien de ce que l’on désigne par les trois prédictions de la Passion [5] ».
L’expression « le Fils de l’homme », que Jésus utilise dans certaines annonces de sa mort, est différente de la manière dont les premiers chrétiens parlaient de lui, car ils étaient plus prompts à employer des titres comme « Fils de Dieu », « Messie » ou « Seigneur ». Cet élément relève du critère de dissemblance.
L’annonce pendant l’institution de l’eucharistie est attestée en dehors des évangiles, en 1 Corinthiens 11.24-25, qui reflète une tradition pré-paulinienne partagée avec Luc 22.15-25. Elle est généralement considérée comme une tradition indépendante de Marc 14.18-28, ce qui fournit une attestation multiple. Nous n’avons donc, du point de vue de la critique historique, aucune raison de rejeter les annonces de la Passion. Et si l’on estime que l’auteur de Marc utilisait les lettres pauliniennes, il faudrait encore démontrer qu’il n’avait pas accès, en dehors des épîtres pauliniennes, à d’autres traditions, par exemple celles provenant de l’apôtre Pierre [6].
Nous avons encore d’autres indices. Les annonces de la Passion apparaissent sous plusieurs formes littéraires, se trouvant à la fois dans des logia contenant des paraboles (Mc 12.1-12) et dans des enseignements simples. Elles ne présentent aucun signe évident de théologisation par l’Église primitive. Par exemple, on trouve peu de réflexion sur la signification de la mort de Jésus, telle que sa valeur expiatoire. Enfin, les annonces répondent au critère de plausibilité. Dans son contexte juif, la prédiction de sa mort n’a rien de surprenant : Jésus s’était fait des ennemis parmi les chefs juifs influents, il se considérait comme un prophète, et il était naturel qu’il partage le sort des prophètes, selon la tradition juive décrivant leur martyre et leur réhabilitation par Dieu (2 Macc 7). De plus, Jean le Baptiste venait récemment d’être exécuté pour des raisons similaires.
Licona conclut en disant :
« Les critères d’historicité ne sont, bien sûr, que des outils limités, qui ne produisent aucun résultat assuré lorsqu’ils sont appliqués mécaniquement. Cependant, la plausibilité et la probabilité qu’un logion puisse remonter à Jésus lui-même augmentent lorsque plusieurs critères convergent. Et c’est précisément ce que nous observons dans notre étude des annonces de la Passion. Ces arguments suggèrent fortement que Jésus a bien prédit sa mort violente ainsi que sa réhabilitation/résurrection ultérieure. [7] »
Certains pourrait objecter que les critères d'authenticité sont aujourd'hui contesté et ne peuvent plus être utilisé [8]. Bien que ce sujet soit encore ouvert au débat [9] nous pouvons constaté que même en utilisant pas les critères nous pouvons soutenir l'authenticité des annonces de la passion. C'est ce qu'à Brillement fait Michael Patrick Barber [10] qui n'est plus un partisans de l'utilsation des critères d'authenticité [11]. Pour étudier Barber utilise ce que l'on appelle la mémoire social, l'attestation récurrente et l'approche du triple contexte.
La mémoire tend a etre plus fiable lorsqu'elle conserve « l’essentiel » d’expériences passées. La mémoire quand elle fictionne coorectement implique souvent le rappel d’impressions générales plutôt que de détails précis. Par exemple les témoins occulaire peuvent ne pas etre d'accord sur les détails d'un accident mais tous l'etre sur le fait qu'il y a eu un accident.
L’attestation récurrente n’a pas pour objectif d’authentifier les paroles de Jésus au mot près. Elle consiste à observer quels types de récits ou de thèmes reviennent de manière constante dans les différentes traditions sur Jésus, et à se demander ce que cette récurrence révèle sur la mémoire collective du personnage. Plus un élément apparaît de façon répétée dans les sources, plus il est probable qu’il repose sur une base historique. Par exemple, le fait que Jésus soit présenté comme un enseignant itinérant, suivi par des disciples de lieu en lieu, revient de manière récurrente dans les évangiles, ce qui suggère la conservation d’un souvenir historiquement fondé. En sens inverse, si on devait se demander si Jésus a voyager à Rome on pourrait dire que c'est possible, mais que ça demeure hautement improbable, car rien ne l’atteste et qu'il n’existe aucune preuve pour étayer une telle hypothèse. L’attestation récurrente n’est donc pas un critère d’authenticité, mais un choix méthodologique : elle consiste à préférer les données à la spéculation, la probabilité à la simple possibilité.
Le triple contexte se défini comme suit :
Plausibilité contextuelle au sein du judaïsme du 1er siècle. Un propos ou un acte attribué à Jésus est d’autant plus crédible s’il s’inscrit naturellement dans le judaïsme du Ier siècle. Ce qui paraît « juif » est historiquement vraisemblable, à condition de ne pas conclure trop vite que « si c’est juif, c’est de Jésus ».
Cohérence avec les autres données concernant Jésus. Si un enseignement ou un geste de Jésus est à la fois plausible dans son contexte et cohérent avec d’autres éléments fiables de sa vie et de sa prédication, cela renforce sa probabilité historique.
Conséquences observables dans l’Église primitive. Si un acte ou un propos attribué à Jésus peut expliquer de manière crédible l’origine et les convictions du christianisme primitif, il est probablement authentique.
Argument :
Les évangiles attestent tous d’une récurrence concernant le fait que Jésus ait annoncé sa mort en lien avec le « Fils de l’homme ». Marc contient trois annonces de la mort et de la résurrection (8.31 ; 9.31 ; 10.45) et une autre annonce de la passion (14.21). Toutes ces annonces se retrouvent chez Matthieu et Luc avec des variantes mineures, et Jean en contient deux (3.14 ; 12.23). Une autre annonce apparaît pendant la Cène. Elle est attestée par les trois synoptiques et par Paul (Mc 14.22–25 ; Mt 26.26–29 ; Lc 22.19–21 ; 1 Cor 11.23–26). Comme on le voit, à plusieurs reprises l’annonce est liée au titre de Fils de l’homme, inspiré de Daniel 7.13–14, ce qui situe Jésus dans une vision apocalyptique juive marquée par la tribulation finale. Ce contexte est parfaitement cohérent avec le judaïsme du 1er siècle. La figure du Fils de l’homme dans Daniel 7 est associée aux saints persécutés par la quatrième bête (7.25–27) et ce thème de la souffrance précédant la délivrance est loin d’être isolé. Il est attesté dans plusieurs autres textes juifs de la même période, ce qui montre que Jésus s’inscrit dans une tradition juive bien établie.
1 Hénoch 47 décrit la prière des justes et « le sang du juste » montant devant Dieu. Cela indique que la souffrance des fidèles joue un rôle dans le jugement final. De même, à Qumran, des textes comme 4Q171 interprètent les afflictions du « congrès des pauvres » comme une étape nécessaire avant leur délivrance eschatologique, et le 1Q33 annonce un « temps de souffrance pour toute la nation rachetée par Dieu », une affliction sans précédent qui doit s’accomplir avant la rédemption éternelle. Les livres des Maccabées relient explicitement la mort des martyrs à la purification d’Israël (2 Macc 7.32–33 ; 4 Macc 1.11 ; 17.22). Cela montre que la souffrance des justes pouvait être comprise comme ayant une valeur salvatrice.
Ces traditions juives, largement attestées, permettent de mieux comprendre pourquoi Jésus, qui s’identifiait au Fils de l’homme et annonçait le Royaume, a pu annoncer sa mort imminente. Il s’inscrit dans une lecture juive apocalyptique où la souffrance des justes précède la restauration finale. En observant les effets dans la première Église, on peut constater que des traditions de tribulation eschatologique émergent également dans les premiers textes chrétiens. Par exemple on en retrouve en Ga 4.19 ; 1 P 4.1–6.12–19 ; 5.1 ; Ap 7.13–14. En Rm 8.18–22, Paul décrit la souffrance actuelle des croyants comme les douleurs de l’enfantement précédant la gloire à venir. Ce langage reflète directement des traditions juives antérieures, où la venue de l’ère messianique s’accompagne d’une période de détresse comparable aux douleurs d’une femme en travail, comme l’attestent clairement 1QHa 11.7–10 et 1 Hénoch 62.1–4. Ces textes montrent que la souffrance précédant la délivrance était comprise comme une étape nécessaire dans le plan eschatologique de Dieu.
Paul partage explicitement cette vision. Il disait aux communautés qu’elles auraient à subir la détresse (1 Th 3.4) et il interprète même ses propres souffrances en termes sacrificiels (Ph 2.17). Barber en conclut que « la meilleure explication de cette dimension du message de Paul semble être que la vision de l’apôtre fut façonnée par les souvenirs de Jésus, dont les chrétiens se rappelaient qu’il annonçait la venue de l’eschaton et qu’il envisageait son propre destin dans ce cadre. Que Jésus ait anticipé sa propre mort est largement attesté, mais ce n’est pas la seule raison de penser que cet aspect du portrait de Jésus dans nos sources préserve un souvenir historique. Il existe des indicateurs convergents difficiles à écarter. Non seulement cet aspect de la tradition s’accorde avec ce que nous semblons savoir de Jésus — à savoir qu’il était probablement mû par des espérances eschatologiques — mais il s’inscrit aussi dans le contexte du Ier siècle propre à Jésus. En outre, il explique les effets de l’enseignement de Jésus, à savoir des convictions portées par des croyants de la première génération, comme Paul [12] ».
Maintenant que nous avons vu que les annonces de Jésus concernant sa mort sont probablement authentiques, il faut expliquer pourquoi les apôtres avaient du mal à comprendre les annonces de la passion. La meilleure explication est que les apôtres n’attendaient pas un Messie qui devait mourir et ressusciter. Comme le montrent plusieurs textes juifs, un Messie guerrier envoyé du ciel était attendu [13]. C’est ce qui explique la réaction de Pierre après la première annonce de la passion : « À Dieu ne plaise, Seigneur, cela ne t’arrivera pas ».
D’autres arguments peuvent être invoqués pour nier les récits. Par exemple, pourquoi les trois disciples ne comprennent-ils pas quand Jésus dit qu’il sera ressuscité (Marc 9.10) et, plus tard, après la crucifixion, pourquoi ne comprennent-ils toujours pas que Jésus devait ressusciter (Jean 20.9), alors que ceux qui n’étaient pas ses disciples ont compris la parole de Jésus (Matthieu 27.62–64) ? Il est possible qu’au premier abord les disciples n’aient pas su comment interpréter correctement l’expression « trois jours » et aient pensé à une résurrection générale. Cette expression se retrouve en Osée 6.2 et fait référence à la résurrection générale : « Osée 6.2 Il nous rendra la vie dans deux jours, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons devant lui ». Le targum de ce passage est encore plus explicite : « au jour de la résurrection des morts, il nous ressuscitera » [14].
La réaction de la mère des fils de Zébédée en Matthieu 20.20–21 peut aussi aller dans ce sens. Juste après que Jésus a annoncé pour la troisième fois sa mort et sa résurrection, elle réagit en lui faisant une demande concernant le royaume des cieux. Cette réaction peut s’expliquer si elle attendait la résurrection générale et l’arrivée du royaume des cieux juste après la résurrection dont parlait Jésus.
Quoi qu’il en soit, il semble clair que les disciples ont fini par comprendre qu’il se passerait quelque chose après trois jours, comme le montre la réaction des disciples d’Emmaüs en Luc 24.21 : « Quant à nous, nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël, mais, en plus de tout cela, on est au troisième jour depuis que cela s’est passé ». En réalité, ce que les disciples ne comprenaient pas, c’est que c’était le plan de Dieu que le Messie meurt et revienne à la vie et que cela était annoncé dans les Écritures.
Les juifs qui ont participé à faire crucifier Jésus avaient compris que Jésus avait parlé de résurrection après trois jours, mais ils n’avaient pas compris qu’il était le Messie attendu et qu’il devait mourir et revenir à la vie comme l’annonçaient les Écritures. Ils n’ont donc pas mieux compris que les disciples.
Geza Vermès, Resurrection, pp81-82
Dale Allison, The Resurrection of Jesus: Apologetics, Polemics, History, pp191-192
Voir Mike Licona, The Resurrection of Jesus A New Historiographical Approach, pp285-302. (Il y a seulement un élément avec lequel de je ne suis pas d'accord dans l'argumentation de Licona)
James Dunn, Jesus Remember, p801
Armand Puig i Tàrrech, Jésus une biographie historique, partie 6.1.1.3
Voir par exemple Michael Bird dans "Paul and the Gospels: Christologies, Conflicts and Convergences pp30-61" qui soutient que St Marc utilise St Paul et en même temps des traditions reçu de l'apôtre Pierre. Pour un point de vu différent voir James G. Crossley dans le même ouvrage pp10-29 qui soutient que St Marc et St Paul avaient tous deux accès aux mêmes traditions sans que St Marc utilise les épitres pauliniennes. Crossley argumente en expliquant que Marc insiste sur un Royaume de Dieu imminent et apocalyptique, ancré dans les prophètes juifs comme Isaïe 40-55, avec des signes visibles tels que les miracles et Jérusalem comme centre géographique (Mc 1.15 ; 13), alors que Paul centre son kerygme sur la croix et la résurrection comme événement salvifique déjà accompli, sans cette emphase narrative sur l'avenir eschatologique (1 Co 1-2 ; Rom 1.16). De même, l'attitude envers la loi diffère radicalement. Marc présuppose l'observance juive dans des disputes sur le sabbat (Mc 2.23-28 ; 3.1-6) et une pureté intérieure nuancée sans abrogation totale (Mc 7.1-23), reflétant des débats internes au judaïsme comme ceux impliquant Pierre (Act 10), tandis que Paul rejette la loi comme moyen de salut et prône une liberté radicale pour les Gentils, sans circoncision (Gal 3 ; Rom 10.14). Enfin, la christologie marcienne, avec son messie souffrant (Mc 8-10) et son secrétisme messianique, puise dans des traditions juives pré-pauliennes comme Isaïe 53 ou l'apocalyptique (Livre d'Hénoch), en mettant l'accent sur l'humanité narrative de Jésus via des récits oculaires, contrairement à la vision paulinienne d'un Christ cosmique et crucifié, dépourvue de biographie détaillée (Phil 2.6-11). Ces divergences, soulignées par l'absence de termes pauliniens précis comme « justification » ou « chair/esprit », montrent que les similitudes apparentes proviennent d'un fonds chrétien primitif partagé, non d'une dépendance unilatérale.
Mike Licona, The Resurrection of Jesus A New Historiographical Approach, p295
Pour des arguments contre l'utilisation des critères voir "Jesus, Criteria, and the Demise of Authenticity" édité par Chris Keith et Anthony Le Donne
Voir "Jesus, Skepticism, and the Problem of History" édité par Darrell L. Bock et J. Ed Komoszewski ; voir aussi Kevin B. Burr, Authenticating Criteria in Jesus Research and Beyond
Michael P. Barber, The Historical Jesus and the Temple: Memory, Methodology, and the Gospel of Matthew, pp191-195 ; voir aussi Did Jesus Anticipate Suffering a Violent Death? The Implications of Memory Research and Dale C. Allison’s Methodology
Dans son livre "The Historical Jesus and the Temple: Memory, Methodology, and the Gospel of Matthew" aux pages 253-257 Barber explique qu'il a changé de méthode après avoir fait sa thèse de doctorat, on comprend a ces lignes qu'il a changé d'avis sur les critères d'authenticité, voir aussi les pages 21-30 pour ce qu'il pense des critères
Michael Patrick Barber, Did Jesus Anticipate Suffering a Violent Death? The Implications of Memory Research and Dale C. Allison’s Methodology, p218
Psaumes de Salomon, 17.21-32 ; 1 Énoch 68 ; 4 Ezra 13.1-13
Craig Evans, Matthew New Cambridge Bible Commentary, p316




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