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Les variantes prouvent-elles que les évangiles ne sont pas fiables ?

  • Photo du rédacteur: ProEcclesia bloger
    ProEcclesia bloger
  • 24 oct. 2024
  • 23 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 mars



Lorsque l'on compare les manuscrits du Nouveau Testament nous rencontrons plusieurs variantes, certaines minimes et d'autres plus importants[1], certaines accidentelles et d'autres qui sont faites volontairement par un scribe que ce soit pour une raison théologique ou autres. Les deux plus importantes sont les péricopes que l'on retrouve en Marc 16.9-20[2] et Jean 7.53-8.11[3]. Ces variantes sont parfois utilisées par des trolls dans le dialogue intereligieux qui vont s'en servir pour jeter le discrédit sur l'ensemble des évangiles. Généralement ils se contentent d'aller sur wikipédia pour avoir une liste des manuscrits qui n'ont pas ces passages et vont ajouter une ou deux citations de Bart Ehrman et se sentent experts en critique textuelle. Bien évidement l'objectif derrière ce type de procédé et de faire avaler aux chrétiens que leur "Jésus" n'est pas fiable et que eux ont la vérité.





NOS MANUSCRITS GRECS ET LES ÉDITIONS TEXTUELLES MODERNES.


Nous possédons aujourd'hui plus de 5700 manuscrits grecs du Nouveau Testament[4] ce qui est une quantité importante qui nous permet de comparer les manuscrits grecs entre eux. Cette quantité importante de manuscrits permet aussi d'expliquer le nombres élevés de variantes, plus on a de manuscrits plus le nombres variantes augmente. Ces manuscrits ont permis aux spécialistes de la critique textuelle de publier des éditions grecs du Nouveau Testament basées sur un travail de comparaison entre les manuscrits dans le but d'obtenir un texte le plus fiable possible. Ces éditions sont :

  • L'édition de Michael Holmes de la SBL publié en 2010

  • La 28 ème édition de Nestle Aland publié en 2012

  • L'édition de la Tyndale House publié en 2017

  • la deuxième édition de Maurice Robinson et Pierpont publié en 2018


En plus de ces éditions des articles et livres dédiés à la critique textuelle du Nouveau Testament sont publiés dans le monde anglophone chaque année. Une fois ces données prises en compte nous devons nous poser la question suivante "les spécialistes de la critique textuelle croient-ils que les évangiles sont falsifiés et non fiables car il y'a des variantes ? La réponse doit-être non. Il est vrai que certains textualistes pensent que nous ne pouvons pas récupérer le texte d'origine, généralement ce sont des partisans de ce qu'on appelle l'éclectisme dur[5]. Ceux qui pensent que nous pouvons récupérer le texte original ont tendance a être des partisans de la méthode appelée éclectisme raisonné qui comme le souligne Peter J. Gury est la position majoritaire "la position dominante parmi les spécialistes du Nouveau Testament est l’éclectisme raisonné, méthode utilisée pour éditer les éditions les plus récentes du Nouveau Testament grec (SBLGNT, NA28/UBS5, THGNT) [6]". Cette position est adoptée par des auteurs comme Daniel Wallace qui croit que les péricopes de Marc et Jean sont des ajouts. Mais ce dernier ne rejette absolument pas la fiabilité des évangiles sous prétexte que les variantes seraient une preuves que le texte est falsifié. Au contraire il pense que le texte est fiable (voir toutes les citations ci-dessous pour les spécialistes que je cite). Peter Williams qui est le rédacteur adjoint du Tyndale greek New Testament pense la même chose, il explique bien que les deux péricopes ne jettent pas le doute sur le reste du texte car lorsqu'on étudie les manuscrits dans leur ensemble on peut avoir un texte fiable. Il précise aussi qu'il n'y aucune raison valable de croire que le texte des évangiles a été altéré très tôt, que nous avons de bonnes raisons de penser que le texte n'a pas changé, que les personnes qui croient en une altération précoce font marcher leur imagination et qu'il est difficilement inimaginable que cette altération ait eu lieu car le christianisme s'est rapidement répandue et qu'il aurait été difficile d'avoir le contrôle sur toutes les copies qui ont circulé. Dirk Jongkind, rédacteur en chef du Tyndale greek New Testament dit que même avec les variantes "le contenu d'un paragraphe ou d'un chapitre - et a fortiori d'un livre entier - reste inchangé" et "nous avons un très bon accès au texte". Robert D. Marcello précise qu'en dépit des corruptions qu'on certains manuscrits "nous ne nous retrouvons pas avec un texte désespérément corrompu, mais avec une tradition textuelle qui, tout en incluant des corruptions, inclut le texte authentique" et que "la réalité est que la capacité à découvrir le texte original nous permet de continuer à faire confiance à la fiabilité du texte". Il y a aussi une autre position qui est celle de la priorité du texte Byzantin, dont l'un des plus grands défenseurs est Maurice A. Robinson. Robinson met en avant la nécessité d’expliquer l’histoire réelle de la transmission manuscrite. Selon lui, seul le texte byzantin présente une continuité historique large, stable et plausible, correspondant à une transmission normale du texte original, tandis que les textes éclectiques modernes reposent sur des lectures minoritaires et dispersées qui ne peuvent être intégrées dans un modèle de transmission cohérent. Comme le dit Robinson, l’idée selon laquelle la forme de texte byzantine - telle qu’on la trouve au sein de la vaste majorité des manuscrits - pourrait en réalité refléter de plus près la forme originale du texte du Nouveau Testament que n’importe quel manuscrit isolé, petit groupe de manuscrits ou type de texte, et qu’une telle théorie peut expliquer plus aisément l’apparition et la domination de la forme de texte byzantine, avec bien moins de difficultés que les solutions alternatives proposées par la critique textuelle éclectique moderne, mérite d’être prise au sérieux[7].




LES SCRIBES ÉTAIENT INCOMPÉTENTS ?


Dans un ouvrage collectif paru en 2019[8] Zachary J. Cole examine la qualité des scribes qui ont copié les manuscrits les plus anciens du Nouveau Testament (principalement les papyrus du 2ème au 4ème siècles)[9]. Il s'attaque a l'idée selon laquelle les premiers copistes étaient des amateurs illettrés ou négligents qui auraient entraîné une corruption incontrôlée du texte dès les débuts. Cole reconnaît une variabilité dans la qualité car certains papyrus comme P47 et P72 sont le fruit de scribes peu compétant. Ces exemples montrent que tous les scribes n'étaient pas des professionnels de haut niveau.

Cependant, Cole insiste sur le fait que la majorité des manuscrits révèlent des scribes plutôt compétents, expérimentés et consciencieux comme avec les P46, P45, P66 et P75.

Ces papyrus démontrent une capacité des scribes à conserver une clarté et une uniformité d'écriture sur de très longues étendues, ce qui passe souvent inaperçu mais témoigne d'un entraînement solide. Cole note que cette constance est comparable à celle des impressions modernes et contredit l'image d'une transmission chaotique.

En outre, cela démontre que, malgré les variantes (omissions, répétitions, fautes d'orthographe), il y a eu très tôt une conscience communautaire de la fidélité au texte, les scribes corrigeaient souvent leurs erreurs (corrections intra-linéaires ou marginales visibles), et la circulation rapide des écrits dans les églises permettait un contrôle croisé. Les copistes n'étaient pas des « chrétiens illettrés copiant dans le secret », mais souvent des membres formés au sein des communautés (ou des scribes semi-professionnels sollicités « in-house »), appliquant les pratiques standard gréco-romaines de copie.





NOUS N'AVONS PLUS LES ORIGINAUX SEULEMENT DES COPIES DE COPIES DE COPIES... DONC CE N'EST PAS FIABLE ?


Demander exclusivement les textes originaux ou des copies proches des originaux n'a aucun sens. Comme l'a démontré Timothy N. Mitchell[10] les papyrus et manuscrits qui étaient régulièrement lus avaient une durée de vie limitée. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte comme l'humidité du monde méditéranéen qui accélère l'usure même dans un bibliothèque. Les catastrophes naturelles ont aussi été redoutables pour les bibliothèques comme ce fût le cas 192 ap J.C à Rome quand un incendie brûla de nombreuses bibliothèques. La persécution impériale a aussi pu être une des causes de perte de manuscrits notamment pendant les persécutions qu'ont subit les chrétiens au 1er et 2ème siècle. Timothy N. Mitchell rappelle aussi à propos de certaines découvertes de textes en égypte que "beaucoup de ces manuscrits du Nouveau Testament découverts dans les sables d'Égypte ont été jetés dans les poubelles d'Oxyrhynque, certains d'entre eux ayant été préalablement déchirés en lambeaux. Cela révèle que les chrétiens jetaient parfois les manuscrits bibliques après une période d'utilisation, probablement après avoir été remplacés par une nouvelle copie, plutôt que de les conserver pendant des centaines d'années. Cela s'explique par le fait que c'est le texte des autographes qui était important. Une fois qu'une bonne copie du texte était produite, l'autographe physique pouvait alors être jeté[11]". Il n'y a donc aucune raison scientifique de demander exclusivement le manuscrits autographe comme gage de fiabilité.


De plus il est important de noter qu'un manuscrit n'est pas de facto meilleurs car il est plus ancien. Par exemple Gregory L. Lainer explique que les papyrus 45, 46 et 66 partagent plus d'une centaines de lectures avec la tradition byzantine contre d'autres témoins (plus ancien) comme le codex Alexandrinus ou le Washingtonianus[12]. Un cas très intéréssant est celui du minuscule 1739, un manuscrit du 10ème siècle. Malgré son âge tardif, ce codex est beaucoup cités en critique textuelle moderne. Lanier (et d'autres critiques) explique que 1739 préserve souvent un texte très ancien et de bonne qualité, basé sur deux (ou plus) manuscrits des années 400, voire plus tôt. Il descend d'une lignée de copie indépendante et excellente, avec des notes marginales indiquant que le scribe a collationné son texte sur des manuscrits anciens probablement de la bibliothèque de Césaré et dans certains cas reflète le texte et ou commentaire d'Origène). Sa généalogie textuelle montre une cohérence élevée avec les textes les plus fiables, prouvant que des copies tardives peuvent être « meilleures » que certaines copies précoces si leur chaîne de transmission a été plus fidèle et moins altérée.

James Snapp Jr a aussi fait des cas convaincants[13] dans une série d'article qui nous invite à être prudent. Par exemple Snapp a prit comme texte de base la 27ème édition du texte de Nestle Aland pour comparer le texte de Colossiens 3.1-11 dans le codex Vaticanus et Sinaiticus contre le minuscule 6 daté des années 1200 donc bien plus récent que le Vaticanus et Sinaiticus et son résultat et le suivant : Vaticanus a 25 variations par rapport au texte de Nestle Aland, le Sinaiticus 21 et le minuscule 6 en a 15. Au final le minuscule 6 s'avère plus proche à cet endroit d'une édition critique que deux codex anciens.


Un autre argument pourrait consister à soutenir que l’absence des originaux reste problématique, car nous ne pouvons pas prouver qu’il n’y a pas eu une grande corruption dès le début de la part des scribes. Zachary Cole aborde ce point lorsqu’il reconnaît que nous ne possédons pas de manuscrits du Ier siècle ni du début du 2ème siècle. Cependant, il reconnaît qu’« il y a peu de raisons de penser que ce que nous découvririons à la fin du Ier siècle et au début du 2ème siècle différerait sensiblement de ce que nous observons à la fin du 2ème siècle et au début du 3ème siècle[14] ».

Ce même raisonnement peut être étendu lorsque l’on compare des manuscrits séparés par plusieurs siècles, par un exemple un manuscrit du 4ème siècle avec un du 10ème siècle. On constate en effet qu’il n’y a pas d’explosion de variantes entraînant des changements significatifs ou doctrinaux. Cole reconnaît qu’il existe une certaine fluidité due aux variantes, mais il la situe clairement au niveau micro (détails locaux, orthographe, petites omissions). Au niveau macro, il parle au contraire d’une stabilité du texte dans son ensemble, reprenant la formule désormais de Michael Holmes : « micro-level fluidity and macro-level stability ».





TROP DE VARIANTES ? 400 000 / 500 000 VARIANTES ?


Un autre argument souvent avancé est qu’il existerait un trop grand nombre de variantes, ce qui prouverait que les scribes ont trop altéré les manuscrits pour que l’on puisse avoir confiance dans le texte du Nouveau Testament.

Peter J. Gurry aborde précisément ce mythe dans le chapitre 10 de Myths and Mistakes in New Testament Textual Criticism[15]. Il estime le nombre total de variantes dans les manuscrits grecs du NT à environ 500 000 (sans compter les différences purement orthographiques), ce qui peut sembler problèmatique au premier abord. Cependant il explique que ce chiffre élevé s’explique en grande partie par la quantité de manuscrits dont nous disposons, plus on a de témoins textuels (plus de 5 800 manuscrits grecs, sans compter les traductions anciennes), plus le nombre de variantes augmente. Gurry insiste, ce n’est pas le nombre qui compte, mais la nature et l’impact de ces variantes.

La très grande majorité de ces variantes sont insignifiantes, près de la moitié sont des erreurs sans conséquence (comme des fautes d’orthographe, des inversions de mots, des répétitions accidentelles ou des omissions mineures), et la plupart des autres n’affectent pas le sens du texte ni la foi chrétienne dans son ensemble. Gurry est clair et nuancé, aucune doctrine fondamentale du christianisme ne repose exclusivement sur une variante textuelle incertaine. Même si certaines variantes ont une portée théologique ou doctrinale réelle ( Marc 1,1 ; Luc 23:34 ; Jean 1:18 etc), aucune d’entre elles ne menace ou ne change un enseignement central de la foi lorsque l’on examine l’ensemble des preuves. Les variantes théologiquement significatives sont rares, et les critiques textuels les traitent calmement sans que cela annule les fondements doctrinaux. Gurry conclut : « Nous pouvons donc affirmer sans crainte que ni la foi chrétienne ni l’inspiration de la Bible ne sont menacées par les variantes textuelles. Les paroles de Stephen Neill, prononcées il y a un demi-siècle, demeurent vraies : "En effet, je pense qu’il n’est pas exagéré de dire que même le pire manuscrit grec existant aujourd’hui […] contient suffisamment de l’Évangile dans une forme non altérée pour conduire le lecteur sur le chemin du salut". Si même le pire manuscrit peut accomplir cela, alors nous sommes d’autant plus en sécurité[16] ».







APPENDICE, CITATIONS D'ÉRUDTIS.



Daniel Wallace

La question de savoir si les manuscrits du Nouveau Testament sont fiables est extrêmement importante et se trouve sur le lobe frontal de toutes sortes de personnes aujourd'hui, y compris celles qui lisent « Misquoting Jesus » de Bart Ehrman, les apologistes musulmans et tout simplement l'homme du quotidien. Si vous lisez le « Da Vinci Code » de Dan Brown, vous entendrez Sir Leigh Teabing dire : « La Bible a été traduite et retraduite tant de fois qu'il est impossible de savoir ce que disait le texte original ». Cela semble être la réponse habituelle des personnes qui veulent mettre la Bible à distance. Mais cette réponse s'accompagne d'un grand nombre de mythes.

Tout d'abord, chaque fois que la Bible a été retraduite, cela ne signifie pas que les traducteurs ont brûlé les manuscrits qu'ils avaient copiés. Lorsque les traducteurs de la King James ont fait leur travail, ils ont basé leur Nouveau Testament sur essentiellement six manuscrits du Nouveau Testament - le plus ancien datant d'environ 500 ans. Près de 400 ans plus tard, nous disposons d'environ 1 000 fois plus de manuscrits qu'eux. Et nos manuscrits les plus anciens remontent jusqu'au IIe siècle. La différence est énorme. Au fil du temps, nous nous rapprochons donc de l'original, tant par le nombre de manuscrits que par leur date. D'une manière générale, nous faisons de grands progrès vers les originaux.

La question de la fiabilité est de savoir dans quelle mesure ces manuscrits témoignent de l'original ou du texte autographique. Comme nous n'avons pas les originaux, nous devons faire des estimations. Nous ne disposons pas de faits absolus qui nous permettraient d'affirmer avec certitude, sur la base de preuves, que ce texte remonte à l'original. Ce que nous pouvons avancer, c'est la probabilité. Et la probabilité est si écrasante que les manuscrits - au moins 98 % du temps - remontent à l'original. C'est absolument écrasant. À titre d'illustration, la croissance du texte du Nouveau Testament depuis le 1er siècle, date de sa création, jusqu'en 1516, date à laquelle Érasme a publié le premier Nouveau Testament grec sur la presse d'imprimerie, est d'environ 2 %. Les gens disent que le texte majoritaire ou les manuscrits à l'origine de la King James ont ajouté beaucoup de matériel, tandis que les défenseurs de la King James disent que d'autres suppriment en fait des parties de la parole de Dieu. Mon argument n'est pas que nous n'avons que 98 % de la parole de Dieu, mais que la KJV en a 102 %. Et nous devons supprimer 2 % de ce tirage pour atteindre l'or. C'est donc cela - 2 % de croissance sur quatorze ou quinze cents ans. Personne ne va faire une offre pour cela. C'est un très mauvais investissement. Il ne s'agit donc pas d'une croissance massive comme les gens l'imaginent habituellement lorsqu'ils lisent un livre comme "Misquoting Jesus".[17]




Peter J. Williams

Les différences les plus notables entre une copie des Évangiles datant du XVIe siècle (qu'il s'agisse d'une édition de la langue originale ou d'une traduction dans une langue moderne) et une version moderne des Évangiles concernent douze versets à la suite de Marc 16:8 et douze versets dans Jean 7:53-8:11. Alors que ces versets ont été inclus sans aucun doute dans les éditions et traductions depuis le début de l'imprimerie jusqu'au dix-neuvième siècle, la plupart des chercheurs pensent aujourd'hui que ces passages ont été ajoutés plus tard aux Évangiles. Cela se reflète dans la manière dont ils sont marqués dans la plupart des éditions modernes, ainsi que dans de nombreuses traductions modernes.

Ces deux passages pourraient sembler jeter le doute sur le texte des Évangiles dans son ensemble, mais je dirais qu'ils ont en fait l'effet inverse. Bien qu'Érasme ait produit sa première édition des Évangiles grecs en utilisant seulement deux manuscrits, nous savons qu'il connaissait l'incertitude liée à ces deux passages. Son manuscrit numéro 1 lui signalait l'incertitude à la fin de Marc et omettait également le passage dans Jean. En d'autres termes, l'homme le plus érudit du monde au XVIe siècle n'aurait pas été surpris par les découvertes des cinq derniers siècles qui ont remis ces versets en question. En fait, les doutes à leur sujet ont été connus de tous ceux qui ont pris la peine d'enquêter au cours des seize cents dernières années.

Ces deux passages, précisément parce qu'ils sont douteux, fournissent de solides arguments en faveur de la fiabilité du texte dans le reste des évangiles. Tout d'abord, ils montrent que les manuscrits des Évangiles varient et qu'il n'y a donc pas eu de tentative réussie de la part des dirigeants ou des scribes pour les mettre tous d'accord ou pour dissimuler les débats. Les manuscrits des Évangiles provenaient de nombreux pays différents et ont été rédigés sous diverses juridictions. À partir du deuxième siècle, nous avons également des témoignages de nombreuses personnes citant les Évangiles. Au plus tard à partir du troisième siècle, les Évangiles ont également été traduits dans d'autres langues : Copte, latin et syriaque ; à partir du cinquième siècle, en arménien et en gothique ; et au tournant du premier millénaire, en anglo-saxon, en arabe, en géorgien et en slavon de l'ancienne Église, entre autres. À la lumière de cette abondance de preuves, il est peu probable que des changements majeurs aient eu lieu sans laisser de traces dans des manuscrits quelque part dans le monde.

[...]

De 2007 à 2017, Tyndale House, l'institut de recherche biblique que je dirige, a travaillé sur sa propre édition du Nouveau Testament en grec. Dirk Jongkind, membre du St Edmund's College de l'université de Cambridge - l'un des plus grands spécialistes mondiaux de l'étude des erreurs commises par les scribes - en est l'éditeur, tandis que j'en suis l'éditeur associé. Dans The Greek New Testament, produit à Tyndale House, Cambridge, nous concluons que l'ensemble de ce dernier groupe de versets fait partie du texte le plus ancien des Évangiles. Cependant, même si nous nous trompons, cela ne remet pas en question le reste du texte de l'Évangile, mais renforce simplement le fait que nous avons des manuscrits nombreux et variés, et qu'aucune autorité centrale n'a été en mesure d'imposer l'uniformité. Par conséquent, lorsque les manuscrits concordent tous, il n'y a aucune raison de ne pas croire que le texte a été transmis de manière fiable.

[...]

Troisièmement, il est possible de démontrer qu'il n'y a aucune raison valable de penser que le texte a changé. C'est ce que j'ai tenté de faire dans ce chapitre.

Quatrièmement, sur la base des faits que j'ai exposés ci-dessus, nous pouvons constater qu'il y a de bonnes raisons de penser que le texte n'a pas changé. En d'autres termes, si les découvertes passées sont une indication des découvertes futures, et si ce que nous savons actuellement sur les scribes et les manuscrits est un guide pour ce que nous découvrirons à l'avenir, nous ne nous attendons pas à trouver des preuves d'un changement significatif. Ceux qui supposent qu'un changement majeur s'est produit avant nos premiers manuscrits proposent une discontinuité radicale entre tous les siècles que nous connaissons et la période qui précède immédiatement nos premières copies. Nous pourrions dire qu'ils comblent les lacunes des preuves en faisant appel à leur imagination plutôt qu'à ce que nous savons déjà.

[...]

Mais supposons que nous pensions aux décennies qui ont suivi l'achèvement des Évangiles, peut-être dix, vingt, trente ou quarante ans plus tard. Pouvons-nous imaginer que quelqu'un ait modifié les quatre Évangiles à ce moment-là ? C'est également difficile, car le christianisme se répandait rapidement. Plus les Évangiles se répandaient, plus il aurait été difficile pour quelqu'un, d'un point de vue logistique, de voyager et de changer les copies de tout le monde. Dans le dernier quart du deuxième siècle, les quatre Évangiles circulaient en tant que collection dans une vaste zone. Pendant un certain temps, il a dû y avoir une transition au cours de laquelle les Évangiles ont circulé à la fois individuellement - un Évangile sans les autres - et sous la forme d'un recueil des quatre Évangiles. Cela signifie évidemment que toute personne souhaitant modifier un Évangile aurait dû le modifier sur les deux supports (recueils et individuels), ainsi que dans un grand nombre d'endroits. Le scénario d'une modification délibérée à grande échelle commence à devenir fantaisiste.

Pour en revenir à la question de la fiabilité du texte évangélique, il est rationnel d'avoir un haut degré de confiance dans le texte des Évangiles tel qu'il apparaît dans les éditions modernes. Ces éditions indiquent elles-mêmes où se situent les incertitudes. Tout changement apporté au texte depuis sa composition la plus ancienne devrait se limiter (1) à des changements apportés à un évangile particulier, ou (2) à des changements suffisamment minimes pour être adoptés comme authentiques par des copistes qui ne voudraient pas avoir transmis quelque chose qu'ils savaient avoir été changé, ou (3) à des changements pour lesquels il existe des preuves permanentes dans nos manuscrits. Autre chose : de nombreuses copies ont été réalisées par des scribes professionnels, qui étaient formés et payés simplement pour reproduire fidèlement ce qu'ils avaient sous les yeux. L'idée que les scribes agissaient comme s'ils étaient des auteurs ou qu'ils étaient à l'origine de changements idéologiques constants dans les textes va à l'encontre de ce que nous savons des scribes du monde antique.[18]





Robert D. Marcello

En fait, c'est avec une méthodologie solide que nous sommes en mesure de déterminer que les corruptions existent. Si nous pouvons déterminer qu'un changement intentionnel a été effectué par un scribe motivé par des considérations théologiques, nous pouvons aussi, à l'inverse, déterminer à quoi ressemblait le texte avant ce changement en évaluant les lectures alternatives. Nous ne sommes donc pas obligés de nous demander si de telles corruptions se sont produites partout ; nous pouvons déterminer où elles se sont produites et pourquoi elles se sont produites. Nous ne nous retrouvons pas avec un texte désespérément corrompu, mais avec une tradition textuelle qui, tout en incluant des corruptions, inclut le texte authentique. Nous devons être justes envers les données et notre public en ne donnant pas l'impression que l'histoire du texte est indemne. Lorsque de telles affirmations sont facilement démenties, le résultat est souvent de jeter le bon grain de l'ivraie. De même, en présentant les données comme une énigme sans issue, nous exagérons la gravité et l'omniprésence de l'influence théologique au sein de la tradition manuscrite. Les deux extrêmes doivent être évités, et ceux qui sont chargés de présenter ces données au public doivent être fidèles aux faits. S'il est vrai que le texte a parfois été modifié pour des raisons théologiques, les exemples de cette pratique sont rares. Ce qui est plus important, c'est que, par le même processus que nous sommes capables d'identifier de tels changements, nous sommes également capables d'identifier le texte original. Bien que certains conditionnements puissent faire apparaître cette tâche comme sombre, la réalité est que la capacité à découvrir le texte original nous permet de continuer à faire confiance à la fiabilité du texte.[19]



Dirk Jongkind

Le texte du Nouveau Testament grec n'est-il pas fiable en raison des différences entre les manuscrits ? Une façon de répondre à cette question est d'examiner les différences importantes et l'impact qu'elles ont. Il est clair que de nombreuses différences affectent la façon dont nous lisons une phrase particulière et la façon dont le texte dit ce qu'il dit. Mais le contenu d'un paragraphe ou d'un chapitre - et a fortiori d'un livre entier - reste inchangé. Le message communiqué est clair, même s'il y a des bruits parasites.

[...]

Une autre façon de répondre à la question de la fiabilité est de rechercher des signes d'altération délibérée du texte. Certains ont prétendu en avoir trouvé, mais ils ont également dû admettre qu'ils étaient peu nombreux et ne se produisaient pas à l'échelle et à la fréquence auxquelles on pourrait s'attendre s'il y avait une tentative de modification systématique du texte. Le phénomène qui se rapproche le plus d'une altération délibérée du texte est le nettoyage de l'orthographe que nous rencontrons dans les anciens manuscrits, qui est parfois assez grossier. Reconnaissons toutefois que nous avons une connaissance étonnamment précise de ce texte. Nous connaissons le grec original suffisamment bien pour étudier les différents styles d'auteur de Luc, Jean et Paul. Nous pouvons examiner des détails tels que l'utilisation des conjonctions et l'ordre des mots. Et même des détails tels que l'orthographe des noms ont été si bien préservés que nous pouvons les étudier. Cela montre que même si nous voulons en savoir plus, nous avons un très bon accès au texte.[20]



Abidan Paul Shah

Cependant, il est totalement trompeur d'affirmer que les copies sont « truffées d'erreurs ». Ehrman tente même de donner un décompte de ces erreurs en déclarant à plusieurs reprises : « avec seulement 138 000 mots dans le NT, il y a jusqu'à 400 000 variantes ou plus dans la tradition manuscrite du NT ». De telles affirmations et de tels décomptes sont au mieux trompeurs et ne servent qu'à choquer ceux qui n'en sont pas conscients. En réalité, tous ces chiffres ne sont que des estimations. En outre, la plupart des erreurs dans les manuscrits du NT ne sont pas intentionnelles et sont insignifiantes. Dans l'ensemble, environ 94 % du texte est totalement fiable. Seuls les 5 à 6 % restants sont remis en question. La plupart des critiques de texte des deux côtés de l'allée s'accordent à dire que le texte du NT confirme la « macro-stabilité et la micro-fluidité ». Plusieurs études ont prouvé que le texte du NT est incroyablement stable, même dans la période des premiers papyrus, lorsque la plupart des variantes sont entrées dans l'histoire de la transmission.

[...]

Contrairement à ce que prétend Ehrman, les scribes n'étaient pas aussi négligents ou enclins à l'altération intentionnelle qu'on le prétend. Ils possédaient différents niveaux de compétences et d'aptitudes. Dans l'ensemble, ils travaillaient dans l'idée qu'ils manipulaient la parole de Dieu, comme l'avaient fait les auteurs originaux. Des corrections ont été apportées avant de terminer un manuscrit ou par des scribes ultérieurs. Dans l'ensemble, la tradition textuelle de base est stable. Aucune doctrine n'est menacée. La plupart des erreurs ont été commises à un stade précoce, mais sont généralement explicables. Très peu d'entre elles seraient significatives d'un point de vue doctrinal.[21]



Peter Gurry En dernière analyse, il est préférable d’admettre que, dans des cas relativement rares, les variantes ont effectivement une incidence sur certaines doctrines et pratiques éthiques de la foi chrétienne. Toutefois, aucune de ces doctrines ou pratiques éthiques ne repose sur ces textes disputés. Aucune d’entre elles n’est non plus mise en péril par ces passages contestés. Marc 1:1 est un bon exemple où la variante influence notre manière de lire l’Évangile de Marc, mais la filiation divine de Jésus ne dépend pas de cette variation, pas même dans Marc. On peut en dire autant de l’enseignement éthique de Jésus sur le pardon en ce qui concerne Évangile selon Luc 23:34, ainsi que de sa divinité dans le cas de Évangile selon Jean 1:18. Dans le Nouveau Testament, Jésus nous demande clairement de pardonner à nos ennemis, et il est tout aussi clairement présenté comme divin, avec ou sans ces lectures importantes. En outre, comme nous l’avons vu en Jean 18, l’immense majorité des variantes — plus de 99 % — sont d’un intérêt très limité pour la plupart des lecteurs de la Bible, se résolvent facilement, ou les deux à la fois. Les exceptions, qui existent et ne doivent pas être ignorées, restent néanmoins rares.

Nous pouvons donc affirmer sans crainte que ni la foi chrétienne ni l’inspiration de la Bible ne sont menacées par les variantes textuelles. Les paroles de Stephen Neill, prononcées il y a un demi-siècle, demeurent vraies : « En effet, je pense qu’il n’est pas exagéré de dire que même le pire manuscrit grec existant aujourd’hui […] contient suffisamment de l’Évangile dans une forme non altérée pour conduire le lecteur sur le chemin du salut. » Si même le pire manuscrit peut accomplir cela, nous sommes d’autant plus assurés en disposant de Nouveaux Testaments fondés sur les meilleurs de nos manuscrits grecs.

Il est vrai que nos Bibles pourraient légèrement évoluer à l’avenir, à mesure que de nouvelles recherches apportent un éclairage plus grand ou que les méthodes de la critique textuelle se développent. Il est également vrai que certaines décisions textuelles complexes et importantes subsistent, et nous ne devons pas les ignorer. Pourtant, en raison de la fidélité globale des scribes pendant plus de quinze siècles et des efforts herculéens des spécialistes du texte pendant des siècles supplémentaires, nous pouvons chanter les paroles de ce cantique du XVIIIᵉ siècle :

« Quelle ferme fondation, saints du Seigneur,

est posée pour votre foi dans sa Parole excellente !

Que peut-il dire de plus que ce qu’il vous a déjà dit,

à vous qui avez cherché refuge en Jésus ? » [22]




Zachary J. Cole

Nous devons maintenant aborder notre dernière question. Expérimentés ou non, les premiers scribes avaient-ils l’habitude de modifier le texte chaque fois qu’ils le souhaitaient ? Même si nous établissions la compétence des premiers scribes, cela ne signifie pas qu’ils copiaient toujours avec soin. Il faut ici distinguer avec prudence entre capacité et attitude. Un scribe pouvait être capable de produire les manuscrits les plus luxueux et les plus précis, tout en adoptant en même temps une attitude désinvolte ou négligente à l’égard du texte. Une telle situation a d’ailleurs été évoquée plus haut lorsque nous avons mentionné les commentaires de Roberts sur les éditions de luxe gréco-romaines : elles sont souvent belles, mais rédigées par des scribes inattentifs. Ainsi, même si nous savons que la plupart des premiers scribes chrétiens étaient formés et compétents, comme je l’ai soutenu plus haut, nous devons encore examiner s’ils ont été fidèles au texte qu’ils ont reçu.

Pour anticiper ma conclusion, je soutiens qu’il est très improbable que le texte ait été corrompu au point d’être irrécupérable par des scribes trop libres. Bien qu’il puisse y avoir eu, à la période ancienne, quelques cas de copies relativement « libres », voire désordonnées, nous avons de solides raisons de croire que les paroles originales des apôtres ont été fidèlement préservées. Je propose trois arguments à l’appui de cette thèse. Premièrement, en raison de l’abondance de nos témoins manuscrits, nous bénéficions paradoxalement d’une sécurité dans le nombre. Deuxièmement, nous disposons de preuves solides que le texte a été transmis avec soin dans au moins une tradition manuscrite. Troisièmement, lorsque nous examinons la nature des variantes textuelles, elles ne correspondent pas au type de variantes que l’on s’attendrait à trouver si les scribes avaient eu l’habitude d’écrire ce qu’ils voulaient.

[…]

Le deuxième point à considérer concerne les preuves d’une copie soigneuse du texte. Il est indéniable que de nombreux manuscrits du Nouveau Testament contiennent des corruptions et des réécritures. C’est un fait commun à tous les textes transmis à la main. Mais il est absurde de prétendre que chaque manuscrit est irrémédiablement corrompu ou que le texte original est perdu sans espoir de récupération.

[…]

Ce fait ne résout en rien les nombreux problèmes auxquels les critiques textuels sont confrontés pour reconstituer la formulation originale, mais il simplifie considérablement la tâche. Plutôt que de s’inquiéter de différences structurelles majeures ou de portions entières de texte manquantes, les spécialistes du Nouveau Testament travaillent avec un corpus littéraire stable dans sa macrostructure et plus fluide dans ses détails.

Dans ce chapitre, nous avons examiné plusieurs mythes concernant les premiers scribes et leur travail. Premièrement, il est faux de croire que les premiers copistes chrétiens étaient tous des amateurs non formés. Deuxièmement, il est également faux de penser qu’ils étaient tous rigoureusement formés selon la tradition des scribes juifs. La réalité est plus nuancée : à partir des preuves que constituent leurs travaux conservés (les manuscrits eux-mêmes), nous constatons que la majorité des premiers copistes chrétiens étaient des scribes compétents et expérimentés, tout à fait capables d’accomplir le travail de transcription, même s’ils ne produisaient pas des copies luxueuses d’œuvres littéraires. Troisièmement, il est faux d’affirmer que les scribes chrétiens modifiaient le texte à leur guise. Les types de variantes que nous observons dans la tradition manuscrite ne reflètent pas une telle pratique, et le grand nombre de manuscrits fiables dont nous disposons conduit la plupart des chercheurs à conclure que nous avons une très bonne idée de ce que les apôtres ont écrit à l’origine. [23]








  1. La majorité des variantes dans les évangiles sont insignifiante. Les plus notables sont probablement Matthieu 17.21 ; 18.11 ; 21.44 ; 23.14 ; 24.36 ; Marc 1.2 ; 1.41 ; 7.16 ; 9.44-46 ; 11.26 ; 15.28 ; Luc 11.1-4 ; 17.36 ; 22.43-44 ; 23.17 ; 23.34 ; Jean 1.18 ; 5.3-4. (liste non exhaustive)

  2. Ces variantes sont généralement considéré comme non-authentiques, pour un débat entre 4 érudits sur Marc 16.9-20 voir le livre "Perspectives on the Ending of Mark: Four Views" dans lequel Daniel Wallace et Keith Elliot soutiennent la non authencité et Maurice Robinson et David Alan Black soutiennent l'authenticité. Pour des études complétes soutenant l'authenticité de la fianle de Marc voir Jame Snapp Jr "Authentic: The Case for Mark 16:9-20: Fourth edition - 2024" et Nicholas Lunn "The Original Ending of Mark: A New Case for the Authenticity of Mark 16:9–20"

  3. Pour voir un débat entre érudtis sur l'authenticité de la péricope de la femme adultère voir le livre "The Pericope of the Adulteress in Contemporary Research" dans lequel Jennifer Knust, Tommy Wasserman et Chris Keith soutiennent la non authenticité et Maurice Robinson et J.D. Punch soutiennent l'authenticité ; Pour une étude complète sur l'authenticité voir James Snapp Jr "Jesus and the Adulteress: The Case for Keeping John 7:53-8:11 in the Bible"

  4. http://evangelicaltextualcriticism.blogspot.com/2023/10/how-many-greek-nt-manuscripts-are-there.html

  5. Abidan Paul Shah, Changing the Goalpost of New Testament Textual Criticism, chap 2

  6. Peter J. Gury, Can We Recover the Original Text of the New Testament, p29

  7. Maurice A. Robinson, New Testament Textual Criticism: The Case for Byzantine Priority

  8. Myths ans Mistakes in the New Testament

  9. Zachary J. Cole, Myths ans Mistakes in the New Testament, pp110-131

  10. Timothy N. Mitchell, Myths ans Mistakes in the New Testament, pp42-45

  11. Ibid, p45

  12. Gregory R. Lainer, Myths ans Mistakes in the New Testament, p116 "Pour les partisans byzantins, il s'agit d'une tautologie puisque la tradition byzantine est la plus ancienne. Mais même parmi leurs adversaires, les recherches menées au cours des dernières décennies ont démontré que des centaines de lectures spécifiques qui ont été classées à certains moments comme distinctement byzantines ne sont pas, par exemple, des confusions secondaires ou des corruptions résultant d'une recension ultérieure, mais sont en fait déjà attestées par des témoins qui sont souvent plus anciens d'un millénaire. Par exemple, P45, P46 et P66 partagent plus d'une centaine de lectures avec la tradition byzantine contre les majuscules anciennes, et d'autres témoins chronologiquement plus anciens tels que 02, 032, et certaines versions contiennent régulièrement ce qui sera plus tard classé comme des variantes byzantines."

  13. https://www.thetextofthegospels.com/2018/11/hand-to-hand-combat-b-and-aleph-vs-6.html ; https://www.thetextofthegospels.com/2020/01/hand-to-hand-combat-sinaiticus-vs-490.html ; https://www.thetextofthegospels.com/2022/09/hand-to-hand-combat-ga-1691-vs.html ; https://www.thetextofthegospels.com/2018/02/hand-to-hand-combat-p46-versus-ga-384.html ; https://www.thetextofthegospels.com/2016/09/hand-to-hand-combat-codex-versus-2222.html

  14. Zachary J. Cole, Myths ans Mistakes in the New Testament, p144

  15. Peter J. Gurry, Myths ans Mistakes in the New Testament, pp191-210

  16. Ibid, p209

  17. https://ehrmanproject.com/are-the-new-testament-manuscripts-reliable-i

  18. Peter J. Williams, Can We Trust the Gospels, pp112-122

  19. Robert D. Marcello, Myths ans Mistakes in the New Testament, pp226-227

  20. Dirk Jongkind, An Introduction to the Greek New Testament, pp20-21

  21. Abidan Paul Shah, Can We Recover the Original Text of the New Testament, pp9-10 & 18

  22. Peter J. Gurry, Myths ans Mistakes in the New Testament, pp209-210

  23. Zachary J. Cole, Myths ans Mistakes in the New Testament, p145 ; 146-147 ; 150



 
 
 

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